Information du réseau santé environnement Fourmis contaminées aux phtalates

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fourmie
14/01/2013
FAIT MARQUANT :
Les fourmis (aussi) contaminées par les phtalates

Le 08 janvier 2013 par Marine Jobert
Des fourmis prises au hasard dans la nature sont toutes contaminées par les phtalates, cette
substance utilisée dans quantité d’objets de la vie courante et classée comme perturbateur
endocrinien. C’est la découverte faite par Alain Lenoir –un grand myrmécologue- et son équipe de
l’institut de recherche sur la biologie de l’insecte de l’université Rabelais de Tours et publiée dans la
revue Science of the Total Environment.

C’est en travaillant sur le profil chimique des fourmis –et notamment sur leur carapace (dite
cuticule) qui est recouverte d’une couche de cires composées d’un mélange d’hydrocarbures qui
permettent aux insectes de communiquer- que les scientifiques ont détecté par hasard la présence de
ces phtalates. D’abord persuadés que les fourmis avaient été en contact avec les phtalates via des
boîtes en plastique utilisées pendant les expériences, les chercheurs les ont placées dans des
contenants en verre. Mais le résultat a été le même: les fourmis étaient bel et bien contaminées
avant même leur arrivée au laboratoire. Leur séjour sur les paillasses n’a rien arrangé d’ailleurs,
l’air intérieur faisant grimper la concentration en phtalates. Les fourmis tourangelles ont été
rejointes par des cousines hongroises, espagnoles, grecques, burkinabées et égyptiennes; toutes
étaient contaminées, à des degrés divers, par les phtalates. Des fourmis récoltées par Alain Lenoir
lui-même dans un coin reculé de Guyane présentaient également des traces de phtalates, venant
confirmer la contamination par voie atmosphérique. Même constat avec des grillons et des abeilles,
contrôlés positifs aux mêmes polluants.

L’effet des phtalates sur la santé humaine –et notamment sur la fertilité des hommes comme des
femmes- est bien documenté (JDLE). Ils sont également mis en cause dans l’épidémie mondiale
d’obésité. Les phtalates –il en existe plusieurs types– sont des plastifiants. On en trouve dans les
peintures, vernis, colles, mastics, laques, encres, produits ménagers, produits phytosanitaires, mais
aussi dans les industries du caoutchouc, de la photographie, des papiers et cartons, du bois, des
matériaux de construction et dans l’industrie automobile, indique l’Anses. Des centaines de produits
de consommation courante en contiennent, comme les adhésifs, les revêtements de sol en vinyle, les
huiles lubrifiantes, les condensateurs électriques, les détergents, les câbles électriques et les produits
cosmétiques (parfums, déodorants, lotions après rasage, shampooings, aérosols pour cheveux,
vernis à ongles, …). «Les 6 phtalates les plus préoccupants (DEHP, DBP, BBP, DINP, DODP et
DIDP) font d’ores et déjà l’objet d’une procédure européenne de restriction qui interdit leur usage
dans les jouets et les articles de puériculture», rappelle l’Anses. Le DEHP, qui devrait être interdit
pour tout usage à partir de 2015 (sauf autorisation spécifique délivrée au cas par cas par la
Commission européenne ) est le phtalate retrouvé le plus souvent sur les fourmis.
SOURCE :
Journal de l’Environnement

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